Architecture : Malo CHABROL
Direction artitique : Charles Eliott MIRAN
Collaborateur : Lucas BUTI
Dans l’écho du 20e arrondissement de Paris, Charles-Eliott Miran et Morgane Achouche font renaître de ses cendres un entrepôt textile, le transformant en une ode à l’art et à la vision transformative. Leur collaboration fusionne l’âpreté industrielle de Bushwick avec l’éclectisme parisien, sculptant un espace où le béton et l’acier dialoguent avec l’innovation.
Au rythme vibrant de ce quartier en éveil, le couple élève des matériaux communs en icônes artistiques. Les structures brutes — poutres, béton, tuyauteries — célèbrent une esthétique indomptée, imprégnant profondément le projet d’une authenticité révoltante.
Chaque détail de leur demeure est un acte de rébellion contre l’ordinaire : des rideaux en plastique de boucherie réinventés en portes de toilettes excentriques, des cartouches de Whippet métamorphosées en ornements scintillants sur des miroirs, chaque pièce proclame une esthétique de subversion.
Sous la houlette artistique de Charles-Eliott avec Morgane comme muse, l’espace se transforme en laboratoire de créativité, où chaque coin défie et redéfinit les conventions. Inspiré par une rencontre fortuite au Chili avec un ami architecte lors d’une exploration, le couple a eu l’idée de l’inviter à collaborer à ce projet audacieux. Ensemble, ils poussent les limites du possible, faisant de ce lieu bien plus qu’une simple résidence : c’est un théâtre d’expérimentation artistique, un carrefour où la norme est non seulement questionnée mais systématiquement renversée.
Ce projet est une déclaration d’amour à l’art, montrant comment la passion et la vision peuvent transformer radicalement notre quotidien. Pour les passionnés d’architecture et de design, cette réalisation est un témoignage éloquent de la manière dont la simplicité et la matière brute captivent le cœur du design artistique et intime.
Derrière une porte cochère faubourienne du XXème arrondissement, le visiteur pénètre dans une cour où le passé industriel de Paris semble encore transpirer dans chaque recoin. L’ancienne fabrique de textile, bien que divisée en plusieurs lots et reconvertie en logements, conserve l’âme de son époque. Ses façades ont su garder intactes toute la singularité du lieu.
Dans cette atmosphère chargée de mémoire, Charles Eliott et Morgane ont voulu écrire une nouvelle page de l’histoire. Pour cela, ils ont fait appel à Malo Chabrol, un architecte dont l’approche mêle profond respect du passé et affirmation de la modernité. Là où d’autres auraient cherché à effacer les « rides » du lieu, le projet choisit alors d’en faire une part intégrante du nouvel espace de vie.
Le défi fut de s’affranchir des clichés d’un habitat domestique traditionnel pour créer un lieu cohérent avec son histoire, un lieu vivant, en perpétuelle relation avec son passé. Trois niveaux organisent l’espace, mais aucune porte n’est là pour marquer un cloisonnement. Ce choix, presque anodin en apparence, affirme pourtant la singularité du lieu. Chaque espace, chaque recoin, semble ouvert, fluide, à la fois intime et partagé.
L’élément majeur de cette réinvention architecturale est l’escalier métallique hélicoïdal. Véritable colonne vertébrale du projet, il ne se contente pas de relier les étages. Il lie les espaces dans une danse élégante et théâtrale. Dès le rez-de-chaussée, face à l’entrée, il se dresse, majestueux, contre un rideau léger, apportant une note de poésie à la structure brute du lieu.
Le choix des matériaux, à l’image de l’escalier en acier grenaillé, a été une décision soigneusement réfléchie. Comme tous les éléments du projet, cet acier aux textures contrastées, entame un dialogue amical avec l’histoire du bâtiment, comme une main tendue vers le passé.
Cette transformation ne se contente pas d’offrir un nouvel espace de vie, elle invite à une rencontre entre hier et aujourd’hui, entre mémoire et modernité, dans une harmonie subtile qui, sans rompre avec l’histoire donne un élan résolument contemporain.